December 11, 2016
La solution, baptisée Crane Star Diag, a d'abord été testée pendant deux ans auprès de concessionnaires sensibles à la démarche. Depuis septembre 2015, une nouvelle étape a été franchie : les deux dernières générations de grues à tour sortant d'usine sont désormais équipées du matériel informatique permettant la transmission de données, avec une capacité d'analyse plus poussée pour le modèle le plus récent. Les techniciens de Manitowoc Crane Services, peuvent directement s'y connecter, pour avoir des données en temps réel sur l'utilisation des machines, et sur les éventuels problèmes rencontrés. Les clients peuvent également souscrire au service par abonnement. Une option qui intéresse ceux qui disposent de leurs propres équipes de maintenance en interne et voulent de nouveaux indicateurs de performance. Orange a opté pour une communication GPRS et a bâti un tableau de bord facile à consulter.
DES CLIENTS À SENSIBILISER...
Avec cette innovation, Manitowoc marche sur des Å“ufs et ne veut pas brusquer les professionnels du secteur. "Nos clients entendent beaucoup parler de télématique, d'objets connectés, mais cela manque encore de concret pour eux, confie le chef de projet. Les professionnels ont des habitudes de travail anciennes, bien ancrées. Nous devons faire preuve de pédagogie, pour leur prouver que ces nouvelles méthodes ne sont pas là pour prouver que les anciennes n'étaient pas bonnes. C'est plutôt une amélioration". La réception dépend en fait du niveau de maturité des clients. "Certains utilisent encore une feuille un stylo et des épingles, d'autres sont beaucoup plus avancés. Nous sommes là pour les accompagner". Globalement, "les niveaux d'acceptation des nouvelles technologies ne sont pas encore à la hauteur des attentes, mais cela va arriver", espère le cadre de Manitowoc France.
... ET DES ÉQUIPES À FORMER
En interne aussi, Manitowoc a dû sensibiliser ses managers et techniciens pour leur faire comprendre l'intérêt de la maintenance à distance. "C'est une mutation importante pour le service après-vente", reconnaît le responsable marketing de Manitowoc Crane Care. La généralisation de la maintenance connectée aura nécessairement des conséquences sur l'organisation du travail des équipes de maintenance, leur temps passé sur le terrain. Manitowoc espère gagner en efficacité opérationnelle et pouvoir répondre plus rapidement et beaucoup plus précisément aux demandes de ses clients, afin de réduire le temps d'immobilisation des engins. "L'idée, c'est d'envoyer directement le bon technicien avec la bonne pièce, sans avoir à faire des aller-retour", résume Jean-Jacques Habib.
LES PROMESSES DU BIG DATA
En connectant ses machines, la firme récupère aussi une masse d'informations sur l'utilisation de ses produits, alors que jusqu'ici, le lien avec l'utilisateur final était rompu dès la sortie de l'usine, hors des interventions ponctuelles de techniciens. "On ne cherche pas à connaître précisément qui fait quoi, mais à en savoir plus sur l'utilisation globale de nos produits", précise Jean-Jacques Habib. Les données, étudiées par les ingénieurs, seront utiles pour la conception des prochaines générations de machines.
Manitowoc veut aussi connecter ses grues mobiles pour les géolocaliser (avec un outil de gestion de flottes à distance). Il étudie les promesses de la maintenance prédictive (Crane Star Diag génère déjà des alertes et notifications préventives) et réfléchit à l'évolution de son business model, données à l'appui. "On s'interroge sur la possibilité de vendre des 'heures de levage plutôt que des machines", explique le dirigeant. C'est déjà en Å“uvre en Angleterre, et c'est ce qu'on appelle le 'payload'. Cela questionne notre rôle de fabricant, et celui de nos concessionnaires". Un vaste chantier d'avenir.
L'entreprise se virtualise : après le réseau ou le stockage, c'est au tour des stations de travail, ces ordinateurs puissants optimisés pour la CAO 3D notamment. Quelles opportunités pour quelles entreprises dans ce secteur encore naissant ?
Après les postes de travail, le stockage ou les serveurs, la virtualisation pourrait maintenant révolutionner le domaine des stations de travail, ces ordinateurs puissants optimisés pour des logiciels de création assistée par ordinateur en 3D notamment. Quelles entreprises pourraient en bénéficier, et comment ce secteur peut-il changer la vie des professionnels ?
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Les stations de travail, utilisées notamment pour des logiciels gourmands en data et en qualité graphique, comme la création assistée par ordinateur par exemple (mécanique, montage de film...) se virtualisent à leur tour. Pour les petites entreprises, sans grosse infrastructure informatique, le coût nécessaire à la virtualisation, le datacenter notamment, peut être rédhibitoire. Le déploiement de la virtualisation nécessite également un réseau interne de qualité.
Une question se pose pour prendre une décision stratégique : à quel point les données de l'entreprise sont-elles sensibles ? La collaboration entre équipes à distance est-elle cruciale ? Il s'agit aussi de déterminer les besoins des utilisateurs, en termes de données, et de CPU (processeurs) et GPU (processeur graphique) notamment. Pour une entreprise qui dispose déjà de serveurs, et dont les données nécessitent une sécurisation accrue, la virtualisation prend tout son sens.
Gary Radburn, qui dirige le département de virtualisation des workstations de Dell, que L'Usine Digitale a rencontré lors du lancement du centre d'excellence de Dell, au Texas, explique : "la virtualisation semble être motivée par un besoin de sécurité [des données], et l'endroit le plus sûr dans l'entreprise c'est le data center". Par ailleurs, la virtualisation pourrait résoudre le problème d'élasticité lié aux stations de travail. Pour une entreprise qui fonctionne par "projets" - pour un avion à construire par exemple - la station de travail est plus difficile à réutiliser, étant assignée de façon fixe. La virtualisation permet d'utiliser les serveurs pour différents projets.
Selon Gary Radburn, la virtualisation en règle générale a dépassé le stade expérimental et devient plus courant. "La technologie mature depuis 2 ou 3 ans", ajoute-t-il, et dans le domaine des stations de travail particulièrement, il s'agit maintenant de tester et vérifier les hypothèses. Dell souhaite clairement se positionner en leader de ce domaine le plus tôt possible, afin de disposer d'un avantage compétitif dans un secteur qui pourrait aider l'entreprise à survivre à la crise du PC.
Un modèle se dessine, celui du "workstation as a service", qui permettrait de louer les services de virtualisation des stations de travail, au lieu d'investir dans un datacenter. Idéal pour des PME par exemple. On peut imaginer des partenariats entre les fournisseurs de cloud privé, et les entreprises spécialisées dans le hardware des stations de travail comme Dell. Les PME et les start-up pourraient en profiter si ce service s'étendait au cloud public.
Cette transition "à la carte" n'est toutefois pas à l'ordre du jour, car elle nécessiterait que les éditeurs de logiciels permettent des schémas de licences pour la location, comme Adobe l'a fait avec Creative Works par exemple. L'industrie n'est pas encore prête, mais les géants informatiques vont s'y mettre tôt ou tard, comme Dell qui y réfléchit sérieusement pour l'avenir, selon Radnuk.
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À l’occasion des 50 ans de la loi de Moore, son auteur, Gordon Moore, revient sur l’histoire de cette règle qui régit l’évolution de l’industrie des semi-conducteurs depuis l’invention du circuit intégré électronique en 1958. Ce qui n’était au départ qu’une constatation empirique est devenue une réalité industrielle, dont la précision étonne encore aujourd’hui le cofondateur d’Intel.
La loi de Moore, qui prévoit le doublement de la densité des puces électroniques tous les deux ans, ne se dément pas. Gordon Moore, qui l’a énoncée il y a 50 ans, revient, dans une interview publiée par Intel, sur la genèse de cette règle qui rythme l’évolution de l’industrie des semi-conducteurs depuis l’invention du circuit intégré électronique en 1958. Et l'homme est toujours aussi étonné par la précision de sa prédiction.
Au départ, Gordon Moore, alors directeur R&D de Fairchild Semiconductor, cherche juste à donner une tendance générale en extrapolant l’évolution passée de l’industrie microélectronique. Il constate que depuis 1959 la densité des puces électroniques double tous les ans. En 1956, elle atteint 16 éléments par circuit et des produits combinant 30 éléments existent en laboratoire avec la possibilité de monter à 60 éléments. "J’ai donc extrapolé, et écrit, que nous allions continuer de doubler chaque année et passer de 60 éléments à ce moment-là à 60 000 dix ans plus tard", explique-t-il. L’objectif est alors de mettre l’accent sur les promesses économiques de l’intégration électronique. Car les premiers circuits intégrés sont bien plus chers que les solutions traditionnelles par assemblage d’éléments séparés sur circuit imprimé. "Mais la tendance indiquait que cette méthode allait devenir la plus économique assez rapidement. C’était là mon véritable objectif : faire comprendre que nous avions devant nous une technologie qui rendrait l’électronique bien plus économique."
Posted by: retrouve3 at
12:18 PM
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