April 07, 2017
Rien de totalement inattendu : sans surprise, l'acheteur typique d'un objet connecté est plutôt geek, jeune et urbain, avec un profil d'early adopter (il y a d'ailleurs corrélation entre acheteur d'objet connecté et utilisateur d'iPhone). Mais son approche est plutôt conventionnelle : il privilégié le côté pratique, et attend de l'objet qu'il lui simplifie la vie. Les objets connectés ne sont absolument pas vus comme des gadgets, a commenté Katia Hersard, responsable du e-commerce et du marketing de la Fnac, lors de la présentation de l'étude le 18 juin à la Connected Conference. Reste un obstacle majeur : le prix. Les objets connectés sont encore perçus comme beaucoup trop chers : 92% des membres du panel le pensent. Ils sont 71% à estimer qu'ils sont trop chers par rapport à ce qu'ils apportent. Le prix est d'ailleurs le facteur-clé pour choisir leur canal d'achat. Les consomateurs interrogés sont nombreux à consulter sites spécialisés, tests et comparatifs avant de faire leur sélection. A propos des types d'objets les plus attendus, la smartwatch arrive en tête (56% des répondants comptent en acheter une dans les prochains mois), devant les bracelets (52%). Les marques installées, comme Sony et Samsung, bénéficient d'un taux de notoriété nettement supérieur aux nouveaux entrants.
Les acteurs français comme Netatmo et Withings ont encore un effort de communication à faire pour être connus du très grand public. Bonne nouvelle pour tous les acteurs de la filière : les early adopters ne sont pas déçus par leurs achats. Bien au contraire : ils sont 96% à se dire satisfaits des objets acquis. Le bouche à oreille généré par cette industrie naissante est donc positif. La Coupe du monde de football, qui a démarré le 12 juin, sera plus que jamais suivie et commentée sur internet, via smartphnes, tablettes et ordinateurs. D'après cette infographie réalisée par le fournisseur de solutions de stockage NetApp, la quasi-totalité des spectateurs présents dans le stade lors de la finale qui aura lieu à Rio le 13 juillet devraient ainsi partager une vidéo HD d'au moins une minute, ce qui représenterait en cumulé un volume de 12,6 teraoctets. C'est bien plus que lors du dernier match de la Coupe du monde 2006 en Allemagne, au cours duquel l'envois de MMS auraient généré seulement 30 gigaoctets de données.
Avec la mutliplication des wearables comme les lunettes connectées, NetApp s'attend à un nouveau boom de data pour le Mondial 2022 qui se tiendra au Qatar, avec la diffusion en direct des images filmées en HD par la plupart des spectateurs de la finale. Invité de la Connected Conference à Paris, le français Luc Julia, en charge du projet Sami au sein de Samsung, a livré quelques détails sur cette plate-forme de collecte et traitement des données, dont la version beta devrait être disponible en novembre. J'ai deux bébés : Siri est ma fille, Sami est mon fils. En une phrase, le français Luc Julia résume les lignes les plus prestigieuses de son CV. Pour Apple, il avait dirigé le développement du logiciel de synthèse vocale Siri. Depuis 18 mois, l'homme se consacre à une autre aventure, au sein de la division Strategy and innovation de Samsung : la construction de la plate-forme Sami (pour Samsung architecture multimodal interactions), officialisée le 28 mai dernier, sorte de plate-forme universelle d'analyse de données.
Lors de la Connected conference à Paris, ce 18 juin, il s'est (un peu) livré sur la philosophie du projet. C'est un grand saut pour la firme sud-coréenne, de l'aveu même du Français. Car les tentatives de Samsung en matière de logiciels ont jusqu'ici été des échecs. Sami pourrait aussi être un déclic, juge son concepteur, pour casser les silos à l'intérieur même de Samsung, ce qui est encore plus difficile que récupérer des données d'autres partenaires. Luc Julia estime que le projet Sami a le potentiel pour faire travailler ensemble les différentes entités du groupe, un immense conglomérat aux activités variées. Casser les barrières et les silos de données enfermés dans des écosystèmes clos : c'est l'ambition plus large affichée par l'un des plus illustres 100 et quelques développeurs français mis à l'honneur par Tariq Krim. Sami sera agnostique, compatible avec tout type de donnée et tout type de terminal. C'est un projet open source, de nombreuses API (interfaces de programmation) seront mises à disposition des développeurs. 52 partenaires (dont un certain nombre de divisions de Samsung) participent à l'alpha test, avant l'apparition d'une version beta à la portée plus large en novembre. Samsung cherche déjà 50 partenaires supplémentaires, notamment des inventeurs de capteurs incroyables - pas un énième podomètre, glisse Luc Julia - et de solutions de connectivité différentes, à la Sigfox, cité en référence par le Français, car les solutions actuelles ne pourront pas supporter les milliards d'objets connectés attendus. Samsung promet de prendre soin des données au sein de Sami, présenté comme un data broker (un intermédiaire en données).
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C'est comme une banque des données : vos data y seront stockées, sécurisées, mais elles vous appartiendront toujours, explique son représentant. Comme dans une banque, il s'agira de faire fructifier ce qui y sera déposé, grâce à des services innovants. Luc Julia parle de cross silos fertilization, autrement dit de la possibilité de croiser les données d'appareils qui ne sont pas censés communiquer ensemble pour créer quelque chose de nouveau : des services, de la valeur. Sami sera aussi dopé au machine learning pour apprendre des données déposées, avec un moteur d'aide à la décision et de l'analyse prédictive. Bricks and mortar (briques et mortier). L’expression a beaucoup servi pour désigner les activités traditionnelles de production et de vente, face au développement du commerce électronique et autres services numériques. Des chercheurs de l’université Cornell (Etats-Unis) ont choisi, eux, d’utiliser la conception numérique pour fabriquer des briques. Mais sans mortier.
Car leur système de construction, Polybricks, est basé sur des composants en céramique fabriqués par une imprimante 3D à jet d’encre, et conçus sur ordinateur de manière à s’assembler sans mortier : les briques s’assemblent et se bloquent les unes les autres par gravité. Ils ont utilisé une imprimante 3D à jet d’encre du marché, mais alimentée par une poudre élaborée selon leur propre recette. Les pièces sorties de l’imprimante subissent ensuite des phases de cuisson. Les tolérances dimensionnelles sont conservées tout au long du processus d’impression et de cuisson, ce qui permet l’assemblage final des composants. La mise au point de l’impression a demandé pas mal d’efforts aux chercheurs (l’article est accessible librement ici). Mais la clé de l’innovation est sans doute dans la partie conception. Ils ont en effet développé des logiciels qui permettent de décomposer un ouvrage à construire (murs, voutes…) en composants réalisables sur l’imprimante. De plus, la géométrie de certaines briques peut être spécialement conçue en fonction de leurs positions dans l’ouvrage.
Reste une difficulté : la lenteur du procédé d’impression. Mais d’autres technologies d’impression 3D, mieux adaptées à cet usage, pourraient être développées, assurent les chercheurs. Une appli tout-en-un pour gérer ses multiples objets connectés : la jeune start-up française Wicross se positionne sur ce créneau déjà surchargé. Elle fait partie des six projets pré-sélectionnés pour la première Connected Conference, qui a lieu les 18 et 19 juin à Paris. Un jour prochain, nous devrons tous jongler entre nos multiples objets connectés : montre, brosse à dents, tracker d'activité, lunettes intelligentes, thermostat, ampoules, station météo… C'est en tout cas ce que prédisent tous les cabinets d'études et futurologues réunis. La gestion au quotidien de ces multiples appareils et des données qu'ils génèrent s'annonce compliquée. De nombreux acteurs proposent de mettre de l'ordre dans ce chaos annoncé grâce à des meta applications généralistes ou thématiques (sur la santé ou la domotique, par exemple). Les annonces récentes d'Apple, Samsung et Google vont dans ce sens.
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Y'a-t-il de la place pour les start-up dans ce processus ? Les deux entrepreneurs français à l'origine du projet Wicross y croient. Ils veulent bâtir une plate-forme tout-en-un des objets connectés. Notre spécificité, par rapport aux solutions existantes, c'est vraiment l'articulation entre toutes les phases du cycle de vie d'un objet connecté, qui permet une expérience à 360°, explique Guillaume Magnan. Nous insistons aussi sur la dimension sociale, par rapport à d'autres applications. Le jeune homme a fondé la société tout récemment aux côtés de Josué Sassi. Wicross se veut à la fois un tableau de bord permettant de piloter chacun des objets connectés et leurs applications, un outil pour créer des interactions entre objets, un réseau social et une boutique permettant d'acheter objets et applications. L'équipe composant la start-up travaille actuellement depuis Versailles (7
à mettre au point la première version de l'application pour l'automne. Elle tente surtout de conclure des partenariats avec des fabricants d'objets pour intégrer leurs produits à Wicross. L'une des premières sociétés françaises à lui faire confiance est le concepteur de drones Parrot. D'autres devraient suivre. Plus vite on embarque les constructeurs dans le projet, plus l'intérêt de la plate-forme est multiplié pour les utilisateurs, résume Guillaume Magnan.
Pour les convaincre, Wicross travaille à un kit de développement le plus simple possible, permettant aux constructeurs d'intégrer leurs produits à la plate-forme. L'objectif est de développer le service le plus tôt possible pour être prêt lorsque le marché sera mûr, résume Guillaume Magnan. L'équipe de la jeune start-up est donc sur tous les fronts, alors que s'ouvre ce 17 juin sa première campagne de financement participatif sur le site Indiegogo. Le bon démarrage de l'opération est primordial, puisqu'il conditionne sa participation à la première Connected conference, les 18 et 19 juin à Paris. Wicross espère lever 25 000 dollars, mais va surtout tenter de fédérer une communauté autour de son projet. Le marché naissant de la wearable tech est en pleine expansion et son application à la santé et au bien-être semble être la grande tendance du moment. Un capteur développé par des chercheurs américains pourrait y jouer un rôle important grâce à sa capacité d'analyse en temps réel des taux d'électrolytes présents dans le corps humain.
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